Nostalgicosomniaque !

Aller en bas

Nostalgicosomniaque !

Message  Saëros le Ven 5 Aoû - 10:41

(Nostalgicosomniaque !)

"Est-ce... la pluie que j'entends ?
-Non c'est la fontaine dans la cour. voulez-vous que je ferme la fenêtre pour ne plus l'entendre ?
-J'aurais aimé que ce soit la pluie... La pluie tiède et épaisse qui...
-...qui martelait les quais de bois de mon royaume et sur nos cœurs, les forgeant à nouveau, battus à rouge jusqu'à blanc et blablablabla... Reposez vous un peu, au lieu de raconter toujours les mêmes idioties."
Soulevant la pile de linge qu'elle venait de plier, elle se pencha sur lui pour lui baiser le front et proposer :"Je reviendrais tout à l'heure pour votre remède. Alors, si vous voulez, je ferais semblant qu'il s'agit bien de la pluie mais uniquement si vous vous reposez sagement, d'accord ?
-Est-ce... la pluie que j'entends ?"
Elle le regarda un instant chercher de ses yeux aveugles les marteaux tropicaux du ciel, avant de les y lever à son tour... Le ciel n'avait pas l'air de vouloir se couvrir, et c'était pour le mieux se faisait-elle la remarque, connaissant trop bien les crises hystériques du vieillard lorsqu'il "découvrait" que la pluie n'était pas chaude dans cette région du monde.
Elle tourna les talons pour quitter silencieusement la pièce, et refermer soigneusement la porte derrière elle.


Il resta immobile, le nez au plafond, interrogeant ses maigres sens. Ces maigres liens qui le rattachaient encore au monde et qu'une vie féroce, sanglante et alcoolisée avait rongée comme un ver sur un os.
"Je l'entends dans mes rêves... Chaque nuit, je l'entends.
Elle tambourine à la porte...dans mes rêves. Mille femmes à combler dans mon lit, dans mes rêves ... Ce tout petit lit, de cette toute petite cabine... qui tangue et frotte contre la mer, comme se frotte une amoureuse assoiffée. Mille femmes ! Alors ... je fais mine de ne pas l'entendre. J'enfouis ma grosse tête dans ce torrent de chair, ce torrent de culs ! Mille femmes qui miaulent dans mon lit ! et pourtant ... je l'entends encore. MIAULEZ PLUS FORT ! JE NE VEUX PLUS L'ENTENDRE ! Je ne veux plus l'entendre ... je ne veux plus vouloir l'entendre. Je ne veux plus vouloir vouloir l'entendre ... ALORS ! Un panard après l'autre, j'extrais ma carcasse bouillante et poisseuse de stupre hors de l'eau callipyge... Le froid mordant, l'haleine de la mort, m'attaque les roubignoles ! Et j'ouvre la porte ... La toute petite porte, de cette toute petite cabine. Et je ne l'entends plus la pluie, je l'écoute...

-Te souvient-il de notre extase ancienne ?
Du temps du royaume de bois aux pluies tièdes ?
Des ordres abominables...Combien en as-tu aboyé à tes sbires meurtriers ?
Combien de pactes secrets ? De plans de massacres ? Combien de femmes trompées ?
Le galant sanguinaire ! ...Aaah et les agonies lentes à contempler ton sang sillonner entre les pavés, teinter la neige, abreuver les déserts ...chaque fois plus étonné encore de n'être pas déjà foudroyé par la mort.
Combien t'ont-ils empoisonnés ? Emprisonnés ? Ou simplement souhaité ta mort d'une prière sincère ? Pour chaque homme qui t'a un jour marqué d'une cicatrice, combien ont brûlé de désir d'en avoir l'occasion ?
Et le cheval de la petite fille ... que tu as bouffé en steak ! Jusqu'à t'en payer des crampes d'estomac ! Un cheval dégueulasse ! Juste pour l'emmerder ! Quel genre de MONSTRE avale un cheval pour faire pleurer une petite fille ?!
Et ces mains ...Est-ce de ne plus pouvoir en laver le sang dont elles étaient imbibées qui t'a fait t'en séparer ?

Revenu parmi les tiens à demi-mort, naufragé d'une vie monstrueuse et absurde et maintenant attendant la fin, seul et caché de tous comme un rat.
Ose encore une fois brailler "PORTO !" sans t’effondrer en larmes et supplier qu'on mette fin à ton existence misérable !
-...PORTOOOOOOOOO !!!" Il se releva d'un bond et se mit à gesticuler tout en gueulant de tout son souffle en rythme et sur une mélodie inventée pour l'occasion :"DANS TON CUL ! DANS TON CUL-EUUUH ! LE DESTIN JALOUX J'LUI ROSSE SON CUL-EUUUH ! PORTO-PORTO-LA-LA-LÈRE !!"
Et c'est à ce moment que la porte s'ouvrit, sur la mine abasourdi de la pauvre lingère :"C'est l'heure de votre remède, entendez vous comme il ple......ut ?!!!!!
-PORTO-PORTO-LA-LA-LÈREUUH !"
-----------------------

Porto-porto, la-la-lère.
Moi, le quadricentenaire
Dans ton cul, destin jaloux,
Vais causer bien des remous.
avatar
Saëros

Messages : 26
Date d'inscription : 17/04/2009
Localisation : Conseil des ombres / Alliance

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum